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La pharmacocinétique de protoxyde d'azote

La pharmacocinétique de protoxyde d'azote

 


PHARMACOCINÉTIQUE

Données générales

Ce sujet étant développé dans un autre article de l'EMC [20], seules certaines spécificités du protoxyde d'azote seront ici abordées. La figure 4 illustre l'évolution des concentrations de protoxyde d'azote dans les différents groupes tissulaires [18]. Même si l'évolution est relativement plus lente dans les tissus qui ne sont pas richement vascularisés, tels ceux constitutifs du " compartiment musculaire ", il apparaît qu'en moins de 5 min la fraction alvéolaire atteint 90 % de la fraction inspirée et qu'il en est de même en moins de 7 min pour la fraction cérébrale.

Les facteurs de variation : débit cardiaque, ventilation alvéolaire, agissent dans le même sens pour le protoxyde d'azote que pour les autres agents anesthésiques par inhalation, mais avec une intensité moindre, car l'intensité de la variation est fonction de la solubilité, surtout dans le sang [22, 53] (fig. 5).

En définitive, le débit de protoxyde d'azote quittant l'alvéole vers les tissus (" uptake ") diminue assez rapidement avec le temps (fig. 6) [22]. La conséquence pratique en est la nécessité de réduire assez rapidement la FIN2O dans un circuit fermé ou semi-fermé.

Un des points les plus importants est qu'en fin d'anesthésie le protoxyde d'azote est de loin l'agent qui quitte le plus rapidement alvéole et tissus richement vascularisés, permettant un réveil rapide, quelle qu'ait été la durée de l'anesthésie (fig. 7) [22].

Effet concentration, effet deuxième gaz, effet Fink

Le protoxyde d'azote étant un anesthésique peu puissant, il est utilisé à de fortes concentrations. Ceci associé au fait que l'azote est encore moins (30 fois moins) soluble que le protoxyde d'azote, a pour conséquence que le débit de gaz qui quitte l'alvéole vers la circulation pulmonaire à l'induction (Q. N20) est supérieur au débit de gaz qui quitte la circulation pulmonaire vers l'alvéole (Q. N2). Les conséquences de ce phénomène sont doubles : 1) ceci correspond en fait à une " ventilation ", certes " cachée ", mais une ventilation quand même, c'est-à-dire un passage de gaz au travers de la membrane alvéolaire ; 2) le volume du poumon diminue d'autant, ce qui concentre les gaz qu'il contient.

Selon le gaz considéré, l'ensemble de ces phénomènes a été appelé : pour le protoxyde d'azote : " effet concentration ", qui signifie que le rapport FA/FI pour le protoxyde d'azote s'élève plus vite et plus haut lorsque la concentration de ce gaz est élevée (par exemple 60 %), qu'il ne le ferait si cette concentration était basse (par exemple 1 %) ; pour un agent halogéné associé : " effet deuxième gaz " ; pour l'oxygène : " hyperoxie de diffusion ".

Ces modifications sont transitoires et cessent dès qu'il y a équilibre, c'est-à-dire en quelques minutes. Au réveil, le phénomène symétrique est observé, appelé selon le gaz considéré : " effet concentration inverse ", " effet deuxième gaz inverse ", " hypoxie de diffusion " encore dénommée " effet Fink " (fig.8) [70]. Ce dernier est à l'origine de l'habitude d'augmenter la FIO2 pendant quelques minutes au moment de l'arrêt du protoxyde d'azote.

Cavités aériennes closes

Des phénomènes du même ordre ont été décrits dans les cavités closes, le bilan positif du transfert de gaz se traduisant par une augmentation : de volume dans les cavités compliantes (pneumothorax, pneumomédiastin, bulles d'emphysème, occlusions digestives importantes). De ce fait, il s'agit là de contre indications classiques, surtout au niveau respiratoire [21, 22]. Pour le tube digestif, plus éloigné et moins vascularisé, seules les occlusions importantes sont concernées. En revanche, il a été montré que le chirurgien ne pouvait distinguer à la taille du tube digestif les patients selon qu'ils reçoivent ou non du protoxyde d'azote [34]. On peut en rapprocher l'augmentation de volume des bulles d'air embolisées et l'hypertension artérielle pulmonaire qui en résulte (fig. 9) [52]. De ce fait, l'arrêt du protoxyde d'azote est la règle en cas d'embolie gazeuse.

Certains étendent cette notion en proscrivant son utilisation dans la chirurgie à haut risque d'embolie gazeuse, c'est-à dire principalement la neurochirurgie en position assise, alors que d'autres s'en tiennent à la mise en oxygène pur en cas de détection précoce par des moyens adaptés [14]. de pression dans les cavités non compliantes (oreille moyenne, ventricules cérébraux). Ceci contre-indique le protoxyde d'azote dans les tympanoplasties et après encéphalographie gazeuse, et constitue un danger en cas d'absence de perméabilité des trompes d'Eustache, notamment à l'arrêt du produit, en raison de leur collapsus.

Le mécanisme d'hyperpression de l'oreille moyenne a été accusé d'une augmentation de fréquence des vomissements après anesthésie ayant comporté des protoxydes d'azote [1], mais cette fréquence anormale n'a pas été confirmée [57]. un mélange des deux dans les situations intermédiaires (ballonnets de sondes d'intubation, des sondes de Swan-Ganz). De ce fait, il est recommandé d'utiliser des sondes trachéales particulières à basse pression en cas d'anesthésie prolongée utilisant du protoxyde d'azote, ou au minimum de gonfler le ballonnet avec le mélange inhalé.

Réciproquement, une sonde, dont un ballonnet peu compliant assurerait une étanchéité limite sous ventilation comprenant du protoxyde d'azote, pourrait voir son étanchéité encore réduite après l'arrêt du protoxyde d'azote.

Vaporisateurs

La plupart des descriptions pharmacocinétiques négligent la partie " machine " de l'administration. L'effet du degré de fermeture d'un circuit avec réinhalation ne sera pas traité ici, mais un point est spécifique au protoxyde d'azote : la perturbation qu'il entraîne dans la quantité d'agent halogéné délivrée par le vaporisateur. Ce phénomène a été attribué à la différence de viscosité de ce gaz par rapport à l'oxygène et à sa dissolution dans la cuve : son introduction entraîne une baisse de la concentration d'halogéné qui, inversement, augmente lorsque le protoxyde d'azote est arrêté, vaporisateur ouvert. Les conséquences pratiques sont que 1) il y a lieu d'être prudent vis-à-vis d'une telle technique en fin d'anesthésie et 2) l'" effet deuxième gaz " (y compris " inverse ") est, au minimum, complètement annihilé par cette perturbation du vaporisateur (fig. 10) [16].

Transferts foeto-placentaires

Le transfert transplacentaire du protoxyde d'azote est rapide et probablement fonction du débit utéro-placentaire. C'est ce que suggère le rapport plus élevé des concentrations foetomaternelles chez les enfants dont le poids de naissance est élevé.

La fixation foetale est également rapide, avec un rapport CVO/CAO = 0,6 après 3 min et à 0,9 après 15-20 min d'anesthésie (CAO = concentration artérielle ombilicale ; CVO = concentration veineuse ombilicale).

Ceci n'a pas de conséquence en cas d'utilisation brève, mais pourrait favoriser une hypoxie néonatale - par dépression ventilatoire ou effet Fink - et une réduction du score d'Apgar immédiat, en cas d'utilisation prolongée jusqu'à la naissance [22]. Ceci n'a cependant pas été retrouvé dans une étude récente spécifique du sujet [49].

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M
<br /> quant on parle d´une anesthesie courte pour eviter l´effet Fink chez le nouveau ne. de combien de temps parle-t-on? moins de 20 minutes?<br /> <br /> <br />
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T
<br /> <br /> Réponse de Taysir assistance<br /> <br /> <br /> SYSTÈME RESPIRATOIRE<br /> <br /> <br /> Adaptation respiratoire à la naissance et ses conséquences<br /> <br /> <br /> À la 26e semaine de gestation, le système<br /> capillaire entoure les saccules respiratoires terminaux et permet les échanges gazeux, et ce terme est donc compatible avec la survie. Néanmoins, de nombreuses modifications vont survenir jusqu'à<br /> la naissance, en particulier la formation des alvéoles primitives et les modifications de synthèse et de composition du surfactant. Ce dernier est synthétisé par les pneumocytes de type II dès la<br /> 24-26e semaine de gestation, mais il est instable et produit en quantité insuffisante [28]. Ce n'est qu'après la 35e semaine de gestation que sa quantité et sa qualité seront<br /> adéquates. Pendant la vie fœtale, le poumon est rempli de liquide pulmonaire, dont la quantité totale est de l'ordre de 25 à 30 ml/kg à la naissance. Une partie de ce liquide est expulsé lors de<br /> la compression thoracique secondaire au passage de la filière génitale (big squeeze), le reste étant résorbé par les lymphatiques. Le nouveau-né doit donc développer une<br /> pression élevée (15 à 25 cmH2O en général) lors des premières inspirations pour vaincre les forces de surface et établir sa capacité résiduelle fonctionnelle (CRF).<br /> L'expansion pulmonaire s'accompagne d'une diminution brutale des résistances vasculaires pulmonaires et d'une augmentation concomitante du débit sanguin pulmonaire. Les modifications de pression<br /> et l'augmentation de PaO2 contribuent à la fermeture des shunts fœtaux.<br /> <br /> <br /> Implications anesthésiques<br /> <br /> <br /> L'insuffisance de production du surfactant et ses faibles propriétés<br /> tensioactives chez le prématuré sont responsables des syndromes de détresse respiratoire, maladie des membranes hyalines en particulier. L'administration thérapeutique ou prophylactique de<br /> surfactant artificiel permet actuellement de réduire la mortalité et la morbidité de cette pathologie chez le prématuré [29] [30]. Une détresse<br /> respiratoire transitoire par retard de résorption du liquide alvéolaire est plus fréquemment observée après naissance par césarienne qu'après accouchement par voie basse.<br /> <br /> <br /> Mécanique respiratoire<br /> <br /> <br /> La croissance pulmonaire se poursuit pendant les 10 premières<br /> années [31]. Les valeurs des différents volumes pulmonaires en fonction de l'âge sont présentées<br /> sur le tableau II. Le volume courant (VT) et le volume de l'espace<br /> mort (VD) rapportés au poids corporel sont relativement constants quel que soit l'âge (6-8 et 2,2 ml/kg respectivement), le rapport VD/VT étant constant, environ 0,3. La ventilation alvéolaire<br /> (et la ventilation minute) est élevée chez le nouveau-né et le nourrisson, pour répondre à l'augmentation de la consommation d'oxygène liée aux besoins métaboliques de l'organisme en croissance.<br /> Cette augmentation de la ventilation est obtenue grâce à l'augmentation relative de la fréquence respiratoire; celle-ci diminue ensuite avec l'âge. La CRF, initialement basse chez le nouveau-né,<br /> augmente pendant les premiers jours de vie puis régulièrement avec l'âge. Elle est relativement constante (rapportée au poids) au-delà des premiers mois de vie.<br /> <br /> <br /> La compliance (V/P) de la cage thoracique est élevée chez le<br /> nouveau-né et le nourrisson, et la stabilité de la cage thoracique va dépendre beaucoup du tonus des muscles intercostaux [32] [33] [34] [35]. La<br /> compliance pulmonaire augmente avec l'âge et le poids, mais elle est identique quel que soit l'âge si on la rapporte à la CRF (compliance pulmonaire spécifique). Le nouveau-né compense la<br /> tendance naturelle au collapsus pulmonaire (due à l'augmentation relative des forces élastiques de rétraction) par une augmentation de sa fréquence respiratoire, ce qui permet de maintenir la<br /> CRF [36]. La composition des muscles intercostaux et du diaphragme change avec l'âge. Avant 37<br /> semaines de gestation, les fibres de type I à haute capacité oxydative peu sensibles à la fatigue représentent moins de 10 % des fibres musculaires, 25 % chez l'enfant à terme et<br /> 50 % chez l'adulte [37] [38]. Ceci prédispose le nouveau-né à la fatigue musculaire dès qu'il existe une détresse respiratoire requérant une<br /> augmentation de l'activité musculaire [39] [40] [41]. Les<br /> résistances totales (somme des résistances pulmonaires et des voies aériennes supérieures) sont élevées car les voies aériennes sont relativement étroites [42]. Les voies aériennes supérieures rendent compte des 2/3 des résistances totales, les petites voies périphériques de<br /> moins de 10 %, le reste étant du aux grosses voies aériennes. En conséquence, la mesure des résistances totales est un paramètre peu sensible pour détecter une obstruction totale ou<br /> partielle des petites voies aériennes. La respiration est essentiellement nasale jusque vers l'âge de 2-3 mois. Les voies nasales représentent 50 % des résistances totales, les résistances<br /> étant deux fois plus faibles lors de la respiration buccale. Ces résistances augmentent considérablement lorsqu'une sonde gastrique est mise en place par voie nasale [43]. La mise en place d'une sonde endotrachéale court-circuite les résistances des voies aériennes supérieures, mais<br /> comporte une résistance propre d'autant plus importante que le diamètre interne du tube est réduit.<br /> <br /> <br /> Tableau II. Valeurs normales des volumes pulmonaires et paramètres de ventilation en fonction de l'âge.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Paramètre<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 1 semaine<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 1 an<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 3 ans<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 5 ans<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 8 ans<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 12 ans<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Taille (cm)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 48<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 75<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 96<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 109<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 130<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 150<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Poids (kg)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 3,3<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 10<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 15<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 18<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 26<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 39<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> CRF (ml)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 75<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 263<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 532<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 660<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 1 174<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 1 855<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> CRF (ml/kg)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 25<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 26<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 37<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 36<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 46<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 48<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Capacité vitale (ml)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 100<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 475<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 910<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 1 100<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 1 855<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 2 830<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> VE (ml/min)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 550<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 1 775<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 2 460<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 2 600<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 3 240<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 4 150<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> VT (ml)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 17<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 78<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 112<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 130<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 180<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 260<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> FR (c/min)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 30<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 24<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 22<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 20<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 18<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 16<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> VA (ml/min)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 385<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 1 245<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 1 760<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 1 800<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 2 195<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 2 790<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> VD (ml)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 7,5<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 21<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 37<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 49<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 75<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 105<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> CL (ml/cmH2O)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 5<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 16<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 32<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 44<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 71<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 91<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> R (cmH2O/l/s)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 29<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 13<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 10<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 8<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 6<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 5<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> VE : ventilation minute ; VA : ventilation alvéolaire ; VT : volume courant ; VD : volume espace<br /> mort ; CL : compliance totale ; R : résistance totale.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Implications anesthésiques<br /> <br /> <br /> L'induction anesthésique est plus rapide chez le jeune enfant que chez<br /> l'adulte et l'équilibre FA/FI est atteint plus rapidement car le rapport ventilation alvéolaire/CRF est d'autant plus élevé que l'enfant est jeune [44] [45]. Cette<br /> différence est plus importante pour les anesthésiques solubles (halothane) que pour les agents peu solubles (sévoflurane et desflurane). Tous les halogénés diminuent le tonus des muscles<br /> intercostaux [46] [47] et, de ce fait, ils facilitent la survenue d'une respiration paradoxale lors de l'induction chez le<br /> nourrisson [48] [49]. Cette respiration paradoxale entraîne des modifications du rapport ventilation/perfusion, une diminution de la CRF<br /> et une augmentation du shunt intrapulmonaire, tous ces facteurs favorisant l'hypoxémie [50] [51]. Tous les<br /> agents anesthésiques diminuent le tonus des muscles pharyngés et favorisent l'obstruction des voies aériennes. Les moyens mécaniques (traction du menton, luxation de la mandibule) et l'insertion<br /> d'une canule de Guedel permettent d'améliorer la perméabilité des voies aériennes [52] [53] [54] [55] [56] [57] [58] [59] [60]. La mise en<br /> place d'une sonde d'intubation supprime l'auto-PEP physiologique de 2 cmH2O que réalise le frein glottique, et rend compte de l'importante chute de la CRF lors de<br /> l'anesthésie (de l'ordre de 30 à 40 %). Cette baisse de la CRF est compensée en partie par la ventilation mécanique et/ou l'application d'une PEP. L'augmentation relative des résistances des<br /> voies aériennes chez le jeune enfant intubé n'est qu'en partie contrebalancée par l'augmentation de la compliance de la cage thoracique, ce qui explique que des pressions d'insufflation égales<br /> voire supérieures à celles utilisées chez l'adulte soient nécessaires pour ventiler les nourrissons et les enfants.<br /> <br /> <br /> En l'absence de ventilation adéquate, la diminution de SpO2 est d'autant plus rapide que l'enfant est jeune (faible réserve en oxygène) [61] [62].<br /> <br /> <br /> <br />